dimanche 15 mars 2009

L'exposition Saint-Pol-Roux ferme ses portes : souvenirs d'une belle exposition (I)

J'aurais aimé avoir eu le temps de rédiger ce billet alors qu'il était encore possible de visiter l'exposition que la Bibliothèque d'Etude et le Musée des Beaux-Arts de Brest, conjointement, consacrèrent à Saint-Pol-Roux. Malheureusement, voici qu'elle ferme ses portes le jour même où je rédige ces lignes, dès lors non pas publicitaires mais commémoratives. Le lieu était bien choisi pardi, puisque le 22 rue Traverse, où s'élève aujourd'hui le bâtiment de la Bibliothèque, fut la dernière et infortunée demeure du poète : l'hôpital où il mourut le 18 octobre 1940. Je dois dire qu'en découvrant l'affiche, j'avais eu d'abord un peu peur que l'exposition virât à l'énième célébration régionaliste du Magnifique, ne présentant que des documents bretons prouvant l'enracinement finistérien de Saint-Pol-Roux. Les organisateurs m'avaient invité au vernissage du 16 décembre, mais je n'avais pu m'y rendre, hélas. Plus de deux cent personnes y assistèrent témoignant d'une curiosité et d'un intérêt croissants pour l'oeuvre du poète - la présence d'un public relativement nombreux au colloque des 27 & 28 février derniers en est un autre témoignage. Bref, je ne doute pas que l'exposition fût finalement un succès ; et j'en doute d'autant moins que, l'ayant depuis visitée, mes craintes initiales se sont envolées. L'exposition rend, contrairement à ce que pouvait laisser sous-entendre le titre, plutôt bien compte de l'itinéraire littéraire et personnel de Saint-Pol-Roux. J'aurais bien voulu donner, pour les lecteurs du blog qui, pour la plupart, n'ont pu se rendre à Brest, un aperçu détaillé de chacun des documents exposés, mais ma propre visite fut trop brève pour relever un tel défi. Je me contenterai donc d'un rapide survol, d'une sommaire présentation, agrémentée de quelques photos aimablement communiquées par Nicolas Galaud, le directeur de la Bibliothèque d'Etude. Puis il y aura un catalogue, très prochainement, et nous pourrons alors mieux nous consoler...
A la Bibliothèque
Au rez-de-chaussée, une série de panneaux mêlant textes et iconographie accueillent le visiteur ; ce sont les mêmes qu'à Châteaulin où se tint une précédente exposition, "Le Verbe et la Lumière", en 1992. C'est à l'étage que l'exposition proprement dite commence. La première vue est celle d'un pan de mur présentant plusieurs visages dessinés du poète et pour beaucoup parus dans la presse, portraits et caricatures de Pierre Vaillant, André Rouveyre, Jim Sévellec, Saïk, etc. ; puis au-dessous, envitrinés, d'autres dessins de Xavier de Langlais, de Vallotton, etc. en leur support, livres et albums.


Sur le mur d'en face, une première étape, de la Provence au Finistère, avec essentiellement des photographies familiales et des documents rares et émouvants : le baccalauréat du jeune Paul Roux, signé par Jules Ferry en 1881, une carte d'identité établie au nom de Saint-Pol-Roux, une lettre à Gustave Geffroy...

Le magnifique portrait de Mallarmé par Rochegrosse signale que nous quittons désormais l'état-civil pour la poésie. Nouvelle station : Du parnasse au symbolisme. La vitrine est encadrée par "Le pèlerinage de Sainte Anne" et "Le miracle de 1886" ; à l'intérieur : un cahier, sur les premières pages duquel le tout jeune Paul Roux a recopié une douzaine de poèmes de Mallarmé, une lettre à Jules Huret le priant de publier l'intégralité de sa réponse à l'enquête sur l'évolution littéraire dans l'Echo de Paris, un numéro du Mercure de France, des éditions originales, une lettre à Mirbeau, un exemplaire du Cabinet noir de Max Jacob et de La Conquête des étoiles de Marinetti, dédicacés par leurs auteurs à Saint-Pol-Roux, etc.

Puis voici la Dame à la Faulx, avec un tapuscrit anoté de la main de Saint-Pol-Roux, puis les Ardennes, l'amitié avec Victor Segalen, l'aventure surréaliste (la première lettre de Breton au Magnifique, la page d'hommage des Nouvelles littéraires, des coupures de presse sur le banquet du 2 juillet), les échanges avec Max Jacob, la Répoétique et les Litanies de la Mer, la synthèse verbale des pêcheurs de Camaret, dont était exposé un merveilleux manuscrit illustré. Et ma mémoire me fait défaut pour tout citer... puis il aurait fallu s'attarder plus devant chaque pièce ; puis il aurait fallu revenir et prendre des notes ; puis... vivement le catalogue.

(à suivre : Au Musée des Beaux-Arts)

Nota : Le Grand Jeu concours court toujours. Le visiteur sèche, comme un fruit tombé. Ses neurones s'agitent, vifs, puis, vaincus et caprifiés, pendouillent. Et le bonhomme, - qui n'est ni Fargue, ni Larbaud, ni Vielé-Griffin, ni Béraud, Bruant, Bourges, ou Charles-Louis Philippe, qui n'est pas même Beucler, Carco ou Ferdinand Herold -, en son portrait, se moque, fait la ... nique. Se sentirait-il devenu à ce point inaccessible, tel le petit singe perché sur un trop exotique banian ? Vos réponses en commentaires ou ici : harcoland@gmail.com.

samedi 14 mars 2009

Saint-Pol-Roux : "portrait chinois", par Jean-Pierre Guillon

Le 24 décembre dernier, je reproduisais la belle lettre que Jean-Pierre Guillon m'écrivit en réponse au questionnaire que je lui adressai et qui avait servi de base aux entretiens entoilés au printemps 2008 ; "Pour le "portrait chinois", je verrais peut-être plus tard", avait-il noté en conclusion de son épistole. Le "plus tard" advint tout récemment et je puis, ce soir, compléter la lettre initiale de Jean-Pierre Guillon, en donnant ici le "portrait chinois" de Saint-Pol-Roux qu'il a eu l'amabilité de me communiquer.

***

1. un animal : le paon faisant la roue. - 2. un végétal : la crosse de fougère. - 3. une pierre (semi)précieuse : le galet brut. - 4. un objet : le télégraphe de Chappe. - 5. un moyen de locomotion : le patin à roulettes. - 6. un lieu : une maison, chaumière le jour, château la nuit. - 7. une couleur : rose-bonbon. - 8. un parfum : le parfum naturel qui se dégage d'une plantation d'orangers en fleurs. - 9. un être mythologique : Orphée retrouvant Eurydice. - 10. une heure du jour : le lever de soleil. - 11. un événement historique : L'Eden : ouverture du Paradis Terrestre. - 12. un péché capital : l'orgueil de la cocotte et du nouveau-né. - 13. un sentiment : la délicatesse. - 14. un artiste : (à l'époque qui m'occupe) Gauguin. - 15. un vers : « le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui... »

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Nota : Le Grand Jeu concours court toujours. Le visiteur sèche, comme un fruit tombé. Ses neurones s'agitent, vifs, puis, vaincus et caprifiés, pendouillent. Et le bonhomme, - qui n'est ni Fargue, ni Larbaud, ni Vielé-Griffin, ni Béraud, Bruant, Bourges, ou Charles-Louis Philippe, qui n'est pas même Beucler, Carco ou Ferdinand Herold -, en son portrait, se moque, fait la ... nique. Se sentirait-il devenu à ce point inaccessible, tel le petit singe perché sur un trop exotique banian ? Vos réponses en commentaires ou ici : harcoland@gmail.com.

mercredi 11 mars 2009

Et le premier prix Mallarmé est attribué à ...

Je reprends là où je l'avais abandonné le feuilleton mallarmacadémique. On se souvient qu'il avait été question dans les épisodes précédents de l'élection, après la mort de Francis Vielé-Griffin, de Saint-Pol-Roux à la tête de la jeune assemblée des quinze ; mais aussi de la fondation d'un prix, par Marcello-Fabri et son Âge Nouveau... Tout cela, plus quelques commémorations et agapes littéraires, nous avait déposé au beau mitan du printemps 1938. L'Académie Mallarmé achevait de souffler sa première bougie ; au fil de l'année écoulée, elle s'était essentiellement fait remarquer, à la grande joie des échotiers, par l'enivrant jeu de chaises musicales joué par ses membres, finalement plus verts que ne pouvait le laisser penser leur état-civil. Il était donc temps de renouer avec la poésie et d'attribuer enfin, grâce à Mme Vielé-Griffin, son prix - celui de l'Âge Nouveau étant différé à l'automne. Des noms circulèrent et on pronostiqua...
Le Figaro - 21 mai 1938
L'Académie Mallarmé, elle, votera le 2 juin. Qu'on le remarque : la jeune Compagnie de poésie prend corps, un corps social ; elle est sans dotation régulière, mais ses amis ont fait une tontine pour l'institution du prix.

Les poètes-électeurs se divisent tout comme les critiques, mais pour des raisons plus graves que l'âge des candidats.

Jacques Audiberti, poète d'un obscur génie qu'il faut lire dans La Race des Hommes, étonnant brasseur de symboles et de vocables, a les faveurs des électeurs les plus hardis en forme poétique. Et, avec lui, Paul Eluard, maître de l'école surréaliste.

Mais M. Louis Mandin, dont l'oeuvre principale vient d'être recueillie sous le titre L'Aurore du Soir, édition qui fait valoir soudain la valeur d'une carrière volontairement modeste, trouve les suffrages des "Mallarméens" de tradition plus reconnue.
La Girouette.
Le Figaro - 30 mai 1938
Jeudi, prix de poésie de l'Académie Mallarmé, qui sera décerné chez Drouant.

Tous les "candidats" ou plutôt les lauréats possibles, sont des poètes de valeur.

Jacques Audiberti garde les meilleures chances. Près de lui, André Breton, Pierre Reverdy, Patrice de La Tour du Pin auront des suffrages.

Du côté des poètes traditionnels, Jacques Dyssord et André Druelle.

L'on avait parlé aussi de Tristan Klingsor et de Louis Mandin, dont la carrière est accomplie déjà, en bonne partie. Or, il semble bien que l'Académie Mallarmé veuillet couronner un poète en pleine activité, ni un débutant, ni un ancien.
Les Alguazils.
Et le premier prix de l'Académie Mallarmé est attribué à ...

Figaro - 3 juin 1938
Un poète à l'honneur : Jacques Audiberti
L'Académie Mallarmé a tenu séance hier, place Gaillon, et a décerné pour la première fois son prix de poésie (5.000 francs), fondation de Mme Viélé-Griffin, destiné "à honorer le nom d'un poète dont l'oeuvre est assez importante pour être jugée".

Au second tour de scrutin, Audiberti a obtenu huit voix contre trois à André Druelle et trois à Jacques Dyssord.

Beau choix assurément : le poète Audiberti - né le 25 mars 1899 à Antibes - a publié deux livres : L'Empire et la Trappe (1930), Race des hommes (1937), qui révèlent un grand créateur poétique, d'accès difficile, hermétique parfois, du fait même que le langage, chez lui, court les aventures propres, mais un vrai poète dont l'obscur travail crée souvent des splendeurs uniques. Nous reparlerons de ce lauréat, désigné à l'attention, samedi, dans notre Figaro Littéraire.
Les Alguazils.
Le Figaro - 4 juin 1938
A L'OISEAU DE PARIS
L'Académie Mallarmé élisait avant-hier le premier lauréat de son Prix de Poésie : Audiberti - tout court - poète de L'Empire de la Trappe (1930) et de Race des hommes (1937). Il est né à Antibes en 1899.

L'occasion nous paraît excellente de mettre nos lecteurs en contact avec un exemple de cette expression poétique, encore nouvelle, déconcertante même, et hermétique pour beaucoup.

L'oeuvre de M. Audiberti ne figure pas une poésie ordonnée par l'intelligence et assez peu une poésie des images. De très lointaine et involontaire filiation mallarméenne, elle est d'abord une libre création du langage, du verbe, avec ses hasards, ses splendeurs et, on le verra, ses scories.

A l'oiseau de Paris - tumulte poétique devant un oiseau du square Louvois - est un poème inédit du lauréat de l'Académie Mallarmé.
Au nom du pire, au nom de l'herbe, au nom de toi,
oiseau, viens vers moi !
Je t'aime... Je t'aime...
Par les buis et les fous du jardin de Louvois,
accours à la voix
du fils du baptême.

Entre les oiseaux, oiseau,
tu cisailles le réseau
de l'espace qui sépare.
Sans patrie et sans péché,
du monde toujours caché
tu fends l'écorce barbare.

OEuf dont nul le nom ne sait,
Sauf, sous ton tendre corset,
une âme enfin détendue,
laisse mon chaste désir
dans la foule te saisir
Pour fixer mon étendue.

Je ne te connais pas. Tu ne me connais pas.
Ne vole là-bas.
Faisons connaissance.
S'unisse notre nid, requis par mon exil,
au fond du sourcil
D'une seule absence.

Flûteau taciturne où court
l'appel de mon coeur, plus lourd
que notre mère la brume,
ouvre, enfle tes capuchons,
et que l'ombre où nous marchons
se dissipe sous ta plume.

Comme l'aquilon, tu crois.
Les soleils, gros de leur croix,
ton aile, debout, les masques,
Et les dieux blancs et hideux
Tremblent dès que de nous deux
Surgit la bonne bourrasque.

J'exige et je supplie, ange de nos rameaux,
qu'en dépit des mots
à jour tu nous perces,
et qu'au bol de ma soif du sang très innocent
enfin tarissant
la tienne tu verses.

Le mal jamais je ne fis.
J'exaspérai de défis
l'atroce bal de la bombe.
Je passai le triste jour
à gémir devers l'amour...
Il vit derrière la tombe.

Espérez encore avant
de hurler contre le vent,
et de piétiner l'image.
Doux, le duvet des oiseaux
porte sur les sombres eaux
La promesse du ramage.
Audiberti.
Les échotiers ne disent pas qui fut l'académicien qui s'abstint (8 voix pour Audiberti, 3 voix pour Druelle, 3 voix pour Dyssord, font 14 et non 15). Mais il me plaît à penser que Saint-Pol-Roux, bien qu'en son temps André Rouveyre le représentât, sans concession, auprès de Louis Mandin, accorda son vote à cet autre outrancier lyrique dont l'oiseau qui cisaille le réseau de l'espace qui sépare n'est pas sans rappeler les alouettes, coups de ciseaux gravissant l'air, du Magnifique. Dans ses mémoires, le poète de Race des hommes laissera un souvenir de cette reconnaissance mallarméenne, souvenir que j'emprunte au site des Amis de Jacques Audiberti : "Avec Cocteau, Fargue, Paul Fort, Saint-Pol Roux, [Valéry] fut de ceux qui m'accueillirent, copain compagnon, dans je ne sais plus quel endroit de nappes et d'assiettes, vers la fin de l'année trente-huit quand j'avais des bosses aux genoux de mes pantalons, afin de me décerner un certain prix, le prix Mallarmé. Le montant du prix consistait, surtout, dans cet inestimable rendez-vous avec la poésie française en chair et en os."

Il y aura en novembre de la même année un deuxième prix décerné par l'Académie, celui concoté par l'Âge Nouveau, qui récompensera de plus jeunes poètes. Nous en reparlerons, après un détour par Saint-Brieuc et Camaret.
Nota : Le jeu-concours court toujours. Puisque ça sèche, voici donc un indice : à moins d'habiter en Barbarie, vous devriez trouver, ô fins amateurs de littérature de la Belle-Epoque et de l'entre-deux guerres, quelque volume exhibant le nom de notre mystérieux bonhomme dans vos bibliothèques, pour sûr...

mercredi 4 mars 2009

Arsène HOUSSAYE : Du danger de vivre en artiste quand on n'est que millionnaire (nouvelles recueillies & postfacées par Eric Vauthier)

Arsène HOUSSAYE, Du danger de vivre en artiste quand on n’est que millionnaire, postface d’Éric Vauthier et Illustrations d’Anne Careil, Éditions de L’Arbre Vengeur, 2008.

Le lecteur contemporain ne se souvient plus guère d’Arsène Houssaye (1815-1896), sinon comme l’heureux dédicataire des Petits Poëmes en prose de Baudelaire. C’est beaucoup et c’est néanmoins bien peu pour celui qui fut, à sa manière, un homme-siècle, débutant sa carrière de littérateur en pleine effervescence romantique, accueillant les générations réaliste puis symboliste dans ses revues, touchant à tous les genres, sans génie certes, mais non sans talent. Arsène Houssaye est une de ces nombreuses figures oubliées de l’histoire littéraire, vite classées parmi les minores, et qui joua pourtant un rôle de premier plan dans le petit monde des Lettres de son époque. Parce qu’il fut un animateur influent de la vie littéraire, mais aussi parce qu’il sut enregistrer en son œuvre certaines des tendances qui seront exploitées par ses jeunes confrères.

Les huit nouvelles – on dirait plus volontiers contes – réunies ici par Éric Vauthier en sont un témoignage assez convaincant. Au cours du XIXe siècle, le développement du récit bref, plus facile à insérer dans les journaux alors en plein essor, s’est accompagné presque immédiatement d’une revalorisation poétique du genre – surtout sous l’influence de Poe et de son traducteur Baudelaire. Chez Houssaye, excellent connaisseur du lectorat de la presse quotidienne, l’efficacité prime ; le récit est tout entier au service de l’effet à produire : l’effroi et/ou le rire. L’auteur ne s’embarrasse pas de psychologie ; « son style, écrit le postfacier, volontiers elliptique coïncide parfaitement aux exigences de concentration et d’efficacité du récit court ».

Ses personnages sont d’ailleurs plutôt des automates de chair, condamnés – car l’enfer (parisien) n’est jamais bien loin – à reproduire les mêmes gestes ou situations, comme Eugénie Rivoire l’une des « Deux Parisiennes aux bords du Missouri » jetant son enfant nouveau-né dans la Seine, puis en défenestrant un autre ; comme Wilfrid Milson revivant chaque nuit, dans « Nina et Mimi », la longue agonie de sa femme qu’il a empoisonnée ; comme Mlle de Montaignac, « Mademoiselle Salomé », rencontrant partout la tête d’Arthur Dupont, l’amant éconduit et suicidé. Il y a chez Houssaye une certaine complaisance dans le morbide, dans le cruel, où le sentimentalisme n’a pas sa part – qu’on se reporte à « Monsieur Paul et Mademoiselle Virginie », ironique et noire récriture du roman de Bernardin de Saint-Pierre. Houssaye est un montreur ; sa narration est exhibitionniste, spectaculaire. Il n’est pas anodin que le monde du théâtre ou du cabaret, plus rarement de l’art, serve de cadre à ces nouvelles ou que les personnages – en général les femmes – en soient issus. Le narrateur, en talentueux bonimenteur, montre et se montre, usant des présentatifs (« voici ce que raconta Eugénie Rivoire… »), servant de guide (« Il est huit heures moins un quart, nous sommes rue du Colisée… » ; « Voyez-vous là-bas, sur la terrasse de Saint-Germain… ? »), quand il n’est pas lui-même guidé (« Le marquis de Satanas m’avait entraîné chez Laborde… ») ou simplement narrateur-personnage (« Du danger de vivre en artiste… »). Aussi, ce petit recueil est-il une galerie de jolis monstres, Parisiennes fatales et insensibles, que l’auteur-exhibitionniste prend un évident plaisir à animer sous les yeux d’un lecteur, placé, avec un plaisir égal, dans la position du voyeur, dispositif qu’emploieront à leur tour les nouvellistes de la fin de siècle.
Nota : Il est vivement conseillé de feuilleter le catalogue des Editions de l'Arbre Vengeur, téléchargeable en ligne ici ; on y trouve fatalement son bonheur. Eric Vauthier est le collecteur de l'important Nuit rouge et autres histoires cruelles de Paris, dont il fut déjà rendu compte ici.

lundi 2 mars 2009

De retour de l'UBO : le colloque "magnifique"

Ce fut incontestablement un événement que la tenue de ce colloque fort pertinemment intitulé "Saint-Pol-Roux, passeur entre deux mondes", les 27 & 28 février derniers à Brest. Evénement historique d'abord, puisqu'il s'agissait du premier entièrement consacré au poète ; et événement universitaire de haute tenue, tant les intervenants et les communications y furent de qualité. L'objectif avoué de la manifestation était de donner un aperçu global de l'oeuvre idéoréaliste et d'ouvrir des pistes de recherches. Mme Marie-Josette Le Han, qui l'organisa de belle manière, conçut un programme en trois temps.

"Fragments d'une vie". Voilà un titre bien trouvé pour une initiale approche, nécessairement kaléidoscopique, et qui colle à l'itinéraire si particulier du Magnifique. Certes, il ne fut pas question des premières années provençales et lyonnaises si décisives, de la conquête parisienne ou du séjour dans les Ardennes, - il fallait bien opérer un choix et l'une, au moins de ces stations, sera magistralement évoquée dans les Actes. Mais Marcel Burel nous entretint de l'enracinement breton de Saint-Pol-Roux, à Roscanvel d'abord ; enracinement dont témoigne l'usage de "bretonnismes" fréquents dans les poèmes écrits entre 1898 et 1905. N'est-ce pas d'ailleurs la Bretagne qui présida aux rencontres avec Victor Segalen et Théophile Briant ? Ce dernier, qui avait débuté comme galeriste d'avant-garde dans les années 1920, fut un important animateur de la vie littéraire de 1930 à sa mort, en 1956, ami de Max Jacob, Jehan Rictus, Céline et Saint-Pol-Roux, directeur du Goéland, qui sut braver la tempête, niché en sa Tour du Vent de Paramé. Dominique Bodin a relevé les nombreux points de rencontre, biographiques et littéraires, qui unirent les deux solitaires. M. Jean-André Le Gall, quant à lui, donna une relecture personnelle de l'amitié entre Segalen et Saint-Pol-Roux, déduisant une distance entre les deux hommes de l'absence de lettres échangées entre mars 1909 et avril 1915, d'après l'édition Rougerie. Distance que laissait déjà entendre l'hommage du jeune médecin-poète lors du banquet du 6 février 1909. Puis, pendant la guerre, il y eut l'affaire des bois de Gauguin, dont on parla beaucoup en ce colloque. Ce fut le cas notamment de Mme Renée Mabin qui fit un bel exposé, et fort bien illustré, sur "Saint-Pol-Roux frère des peintres : de Gauguin à Jim Sévellec", où il apparut clairement que la peinture, comme la poésie, ne pouvait être, pour le Magnifique, reproduction du réel, mais création nouvelle, projection d'une vision personnelle du peintre. "Fragments d'une vie", l'aperçu que donna l'excellent et érudissime Jean-Louis Debauve de la correspondance "générale" de Saint-Pol-Roux, elle-même fragmentaire, dispersée, lacunaire, se voit parfaitement coiffé d'un surtitre tel. Il fut question de lettres à Charpentier, Decourcelle, Royère, Vallette, Dujardin, et d'une rencontre inattendue, petite merveille de poésie, avec Renée Hamon, le petit corsaire de Colette. Mais, chut...

"Affinités littéraires et rencontres esthétiques". L'après-midi du vendredi, on entra plus avant dans la poésie et la pensée idéoréalistes. Ce fut d'abord M. Jean-Luc Pestel, qui analysa la lecture idéoréaliste de l'oeuvre rimbaldienne, lecture johannique, qui passe, chez Saint-Pol-Roux, par le prisme hugolien, synthétisant ainsi ces deux figures majeures, dans la généalogie de la poésie moderne, les mages Hugo et Rimbaud. Les deux communications suivantes posaient la question de la place du poète dans l'histoire littéraire ; "Saint-Pol-Roux symboliste ?" interrogea M. Julien Schuh, recontextualisant la notion d'idéoréalisme, terme issu probablement de la philosophie post-kantienne et de l'allemand ideal-realismus, adopté et théorisé par le Magnifique puis emprunté par Camille Mauclair en son Eleusis (1894), qui le fit sien - du moins finit-on par le croire. Mikaël Lugan se demanda ensuite si les relations entre Saint-Pol-Roux et les surréalistes ne pâtirent pas d'un "malentendu poétique". Mme Dominique Millet-Gérard fit une lecture très intéressante de "Chapelle de hameau", confrontant le poème à ceux de Jammes à qui il est dédié ; elle en tira d'importantes conclusions pour l'oeuvre entière. J'en dirai plus quand paraîtront les Actes. Puis ce fut le tour de M. Patrick Besnier, qui avait choisi d'étudier les rapports de Saint-Pol-Roux avec la musique ; on la trouve, à l'origine, liée à sa pratique de poète, puis réapparaît sous les traits de Charpentier, de Wagner dont il revient à M. Besnier d'avoir dégagé les traces de l'influence sur le dramaturge idéoréaliste... mais l'imprégnation wagnérienne, d'époque, ne doit pas cacher une autre influence moins hautaine, celle de la musique, libérée du conservatoire, populaire, humble, plus opérette qu'opéra. Mme Marie-Josette Le Han proposa, avec "Le poète, pèlerin de la charité", une analyse sensible, enfin, du dernier poème des Féeries Intérieures, "Le châtelain et le paysan", dans lequel elle voit - je crois : justement - un terme et la naissance d'une poétique renouvelée.

"Ambitions d'une oeuvre". J'attendais avec impatience l'intervention de Jacques Goorma, qui ouvrit bien des horizons à l'amateur de l'oeuvre saint-pol-roussine. Il est le premier à avoir soutenu une thèse sur le Magnifique, Poétique de Saint-Pol-Roux. Et Jacques Goorma est un grand poète. C'est donc en spécialiste et en poète qu'il nous entretint de "La poésie comme force d'union et d'émancipation", de la pensée idéoréaliste en son multiple mouvement. (Je vous souhaite d'entendre un jour la voix bouleversante de Jacques Goorma). La communication de Mme Odile Hamot illustra de fort belle façon l'intervention précédente, révélant le symbole idéoréaliste de l'échelle d'Ezechiel, récurrent dans l'oeuvre de Saint-Pol-Roux. La logique voulait que ces deux-là se suivent, puisque Mme Odile Hamot est l'auteure d'une autre thèse assez extraordinaire sur le poète, Obscur symbole de lumière (le mystère dans l'oeuvre de Saint-Pol-Roux), qui, a-t-on appris, devrait paraître d'ici un an. L'étude de Nicolas Tocquer consacrée à la correspondance SPR-Royère n'était pas moins attendue ; en effet, la Bibliothèque de Brest avait, il y a quelques mois, acquis 53 lettres adressées par le Magnifique à Jean Royère, et n'ayant eu l'occasion de la consulter, j'étais curieux de connaître les secrets qu'elle renfermait. Il en fut dévoilé quelques-uns, mais là encore : chut... M. Jean-Michel Kervran parla ensuite de l'éthique et de l'esthétique dans l'oeuvre de Saint-Pol-Roux, clarifiant bien, convoquant Platon et surtout Plotin (dont on causa beaucoup aussi durant ces deux jours), l'indissoluble rapport entre les deux notions dans la poésie idéoréaliste. Et comme il avait été question d'esthétique, Mme Françoise Daniel conclut le colloque en évoquant "l'idée de primitivisme" chez le Magnifique, et c'est une autre piste qui me paraît riche d'avenir.

Je n'ai, of course, donné ici qu'un rapide résumé - s'agit-il même d'un résumé ? - de ce jour et demi historiques. Le sujet avait inspiré les participants puisque tous dépassèrent le temps originellement imparti. Le vendredi, en fin d'après-midi, la parfaite organisation du colloque avait prévu une visite guidée de l'exposition Saint-Pol-Roux, dont je reparlerai bientôt. Qu'ajouter ? Eh bien, qu'il y aura des Actes et, sûrement, bientôt, des journées d'étude dans les universités, et d'autres colloques magnifiques.
Nota : Notre mystérieux bonhomme photographié est toujours inidentifié. Voici donc un indice : tout amateur de littérature belle-époque possède nécessairement un de ses livres dans sa bibliothèque, ou en a lus.

vendredi 20 février 2009

Le Grand Jeu Concours des Féeries Intérieures : mais qui est-ce donc ?

Il est bien ardu le grand jeu concours, au point que le visiteur timide n'ose avancer des noms qu'à grand'peine : Léon-Paul Fargue, Valery Larbaud, Léon Daudet... et c'est tout ; au point qu'on me demande un indice... Mais c'est que je n'en ai pas concoctés, moi, des indices. Pasque - comme disent & écrivent les chères têtes brunes - il est si bien connu des amateurs de littérature bellépoque, le patronyme du bonhomme ci-d'ssous, ça est tellement une figure qui compta dans la 'tite République des Lett' d'alors, que tout indice constituerait illico un don de langue au chat. V'là seul'ment keskej'peudire...


Mais qui est-ce donc ?

Est-ce utile, en ce blog, de préciser que notre client a sa place dans l'historiographie saint-pol-roussine ?

Complément : Depuis l'entoilage de ce billet ont été proposés les noms de Fargue & Larbaud - encore & toujours -, Henri Béraud, Francis Vielé-Griffin, Aristide Bruant, Elemir Bourges, Charles-Louis Philippe, André-Ferdinand Herold, Francis Carco, André Beucler. (Je complèterai la liste au fur et à mesure des réponses données). Le mystère reste entier... Tentez & retentez votre chance.

jeudi 19 février 2009

LE FRISSON ESTHETIQUE N°7 - Coquilles & coquillages

Parmi les nombreuses revues qui paraissent aujourd'hui, plus ou moins petites, petites dans le sens où elles se rattachent, volontairement ou non, à la tradition de leurs belles et hautaines aînées d'il y a un siècle-et-des-poussières-de-bibliothèque, le frisson esthétique, d'Esther Flon, a su trouver sa place. Elle est l'élégante, la très-belle petite revue. Vous me direz, et vous n'aurez pas tort : il arrive parfois que la joliesse de la mise, la finesse du maquillage, la grâce du maintien, s'encitrouillent à l'effeuillage et qu'apparaisse finalement une courtisane grossière. Vous n'auriez pas tort si l'élégance du frisson n'était aussi, surtout, éditoriale, et si, dans la littérature, plus que dans la vie, les plis de la parure, ses tremblements, n'étaient pas l'être entier palpitant à la surface.

L'élégance du frisson est faite d'une alliance juste - et elle est juste puisqu'elle nous paraît naturelle, non réfléchie quand bien entendu elle l'est parfaitement - entre les caractères, les illustrations qui jouent sur plusieurs niveaux, ombres filigranées, reproductions ou photographies, la mise en espace avec des marges généreuses où peuvent s'ébattre les esprits du texte et du lecteur. L'élégance du frisson, c'est une personnalité, un ensemble de traits distinctifs qui, nécessairement, particularisent la revue d'Esther Flon ; un thème : il y avait eu déjà un fort dynamique numéro ferroviaire, puis un gourmand n°6, voici "Coquilles & coquillages", qui n'est pas sans lien papillaire avec le précédent ; le "premier frisson esthétique" d'une personnalité : Astrid Bouygues, que les amis de Queneau connaissent bien, est la septième et donne un récit très-fort, peut-être le plus vif de tous ceux publiés jusqu'ici, de son frisson originel - le jour où elle découvrit le tympan de Conques :
"Médusée par cette tête qu'on empoigne, incapable de détacher mes yeux du corps là-haut qui n'en finit pas de se tordre, qu'on n'en finit pas de tordre. Cep noueux, treille que l'on presse, ce corps-linge qu'on essore, ce corps-vrille qu'on étrille, cette anguille. Poisson hors de l'eau qui se cambre nerveusement gueule ouverte, corps-croc, corps-esse, corpS, hameçon auquel je viens de mordre - si je respire, ma bouche touchera-t-elle une lame ?"
des rubriques, qui sont des rendez-vous : les "promenades littéraires" où se croisent, en vénus de Boticelli chevauchant la thématique coquille, André Derain & Apollinaire, Marguerite Duras, Saint-Pol-Roux (non, je ne parlerai pas de ce "Saint-Pol-Roux conchylophile/Saint-Pol-Roux conchylophobe", parce que l'auteur m'est trop proche et qu'on aurait trop vite fait de mettre en cause mon impartialité), Marcel Proust - saviez-vous que la fameuse petite madeleine, qui semble moulée dans une coquille Saint-Jacques, fut, au principe de l'imaginaire proustien, une plus prosaïque biscotte ? -, etc. ; "l'imprimerie gourmontine" - le grand Normand, Remy de Gourmont, est l'esprit du lieu : un article, "Traduire le Livre des masques en japonais", fait un complément à l'étude très-utile de Kensaku Kurakata sur "la réception de Gourmont au Japon" (Actualité de Remy de Gourmont, Editions du Clown Lyrique, 2008) ; les "Curiosa" de Nicolas Malais, ravissantes toujours, et celle-ci est de haute volée qui feuillette, pour nous inciter à plus et mieux le lire, la vie littéraire de Jean Lorrain, de Raitif à Sodome, de ses chroniques périodiques à ses lettres "intimes" ; les "balades gourmandes", en tête de brigade : Geneviève Moll et Olivier Roellinger, Saint-Jacques à l'honneur ; le feuilleton : la sixième partie de Nietzschéenne, par Daniel Lesueur. Puis, qui manquaient à la précédente livraison, de nombreux poèmes, et le thème se prêtait merveilleusement à une anthologie, d'Apollinaire à Jean-Pierre Verheggen. Enfin, mais qui ne clot pas ce numéro - c'est une lettre de Léon Bloy à René Martineau, où il est question de Villiers de l'Isle-Adam, de Huysmans et de... coquille, qui remplit cet office -, la nouvelle de Christian Buat, "Tandem ou pour l'amour de Cherbourg", humour & poésie.

Mais le plus simple est encore d'en détailler le sommaire.
Premier Frisson
Astrid Bouygues : Une onde qui serait de chair...
Poésie
D'Apollinaire à demain, le temps des coquilles
D'art et d'amour
Frèd Blanc : Carnassières en action
Nouvelle
Christian Buat : Tandem ou pour l'amour de Cherbourg
Promenades littéraires
Arlette Albert-Birot : Les coquilles d'André Derain
Jean-Baptiste Baronian : Coquilles et associés
Joëlle Pagès-Pindon : Marguerite Duras et l'enfant à la coquille
Marianne Simon-Oïkawa : La coquille aux mirages
Mikaël Lugan : Saint-Pol-Roux conchylophile/conchylophobe
Thierry Clermont : Sevillanesques
Dominique Bussillet : Du côté de chez Proust
Jacques Demarcq : Coquines
Le triangle bien coquillé
Pierre-Albert Birot : Grabinoulor cause avec Eugénie son amie d'enfance
Sur les planches
Philippe Normand : Etoile filante...
Imprimerie gourmontine
Shigeru Oïkawa : Traduire Le livre des masques en japonais
Beau livre
Claude Debon : Calligrammes dans tous ses états
Trésors de la Médiathèque de Saint-Lô
Un herbier de la mer
Curiosa
Nicolas Malais : Jean Lorrain de Raitif à Sodome

Feuilleton
Daniel Lesueur : Nietzschéenne - 6e partie
Dernier frisson
Léon Bloy à René Martineau : A propos d'un erratum...
Désormais le frisson esthétique est semestriel. On s'abonne aux deux numéros annuels pour 16 € (+ 5, 35 € de frais de port) seulement, ici.

Voilà deux semaines que j'ai lu ce superbe septième numéro et je ne me suis toujours pas résolu à le ranger dans l'espace de ma bibliothèque réservé aux revues. Je l'ouvre de temps à autre et j'en relis une page ou deux... Tenez, je crois bien que je le rayonnerai dans six mois, lorsque le huitième numéro de la plus élégante des petites revues aura paru.
Nota : Le Grand Jeu Concours n'a pas trouvé encore son physionomiste. Tentez votre chance, même plusieurs fois...

mardi 17 février 2009

Le Bulletin des Amis de Saint-Pol-Roux n°3 paraît demain !

Il aura coûté quelques efforts, des heures de sommeil, et exigé du compilateur une souplesse dont il ne se serait pas cru capable, contraint qu'il fut de différer la reconstitution de la Bibliothèque de Saint-Pol-Roux, originellement annoncée, et de trouver, avec célérité, un nouveau contenu qui ne déçût pas trop les abonnés & amis du poète. Enfin, le voici, tiré à 101 exemplaires, vêtu d'une couverture ivoire, qui est la couleur qu'adopte le papier lorsqu'il ne vieillit pas trop mal, et recélant, sur soixante pages, le dossier de réception des trois volumes des Reposoirs de la Procession, nouvelle série : La Rose et les épines du chemin (1901), De la Colombe au Corbeau par le Paon (1904) et Les Féeries intérieures (1907). Ce n'est peut-être pas la livraison claironnée et espérée, mais les heureux acquéreurs des deux premiers Bulletins se consoleront facilement car voici qu'avec ce troisième numéro ils trouveront une logique à cette petite collection, composée de l'ensemble des comptes rendus retrouvés des trois chefs-d'oeuvre "symbolistes" de Saint-Pol-Roux. Un quatrième Bulletin la complètera, où il sera de nouveau question de La Dame à la Faulx, achevant ainsi l'adolescence du BASPR, qui entrera, à partir de l'été 2009, dans la force de l'âge. Nous en reparlerons.

SOMMAIRE
Frontispice
Présentation, par Mikaël Lugan
"La Rose et les épines du chemin"
(textes de : Albert Mockel, Camille Mauclair, Gustave Kahn,
André Beaunier, Henri Ghéon, Maurice Barrès,
André Fontainas, Alcanter de Brahm, Georges Rency)
"De la colombe au corbeau par le paon"
(textes de : Francis Jammes, Francis de Miomandre,
Paul Souchon, Jean de Gourmont)
"Les Féeries intérieures"
(textes de : Paul Valéry, Constantin Lahovary-Soutzo,
Francis de Miomandre, Jean de Gourmont,
Grégoire Le Roy, Legrand-Chabrier, Level-Régné)
Recensions retrouvées :
E. Verhaeren (?) : Les Reposoirs de la Procession (1893)
P. Saint-Marcel : La Dame à la Faulx (1899)
Saint-Pol-Roux & ses commentateurs, par Mikaël Lugan
Les abonnés recevront leur exemplaire en fin de semaine ou en début de semaine prochaine. Le prix du n°3 est de 9,00 € franco de port (pour la France & l'Europe). Il est toujours possible de s'abonner à partir du n°1 ou de commander les exemplaires à l'unité. Pour tout renseignement, écrire à : harcoland@gmail.com.
Nota : Le grand jeu concours des Féeries intérieures n'a pas encore trouvé sa solution. On a jusqu'ici proposé : Léon-Paul Fargue, Valery Larbaud, Léon Daudet, qui ne sont toutefois pas notre bonhomme. Tentez votre chance...

lundi 9 février 2009

Jouons un peu : Qui est-ce ?

Il y a longtemps que nous n'avions pas joué - c'est-à-dire posé une question magnifiquement difficile - sur Les Féeries Intérieures. Eh bien, voici :
"QUI EST-CE ?"

Le gagnant se verra offrir un exemplaire du n°3 du Bulletin des Amis de Saint-Pol-Roux, à paraître. S'il venait à l'idée d'un déjà abonné de donner la bonne réponse, il remporterait alors un prix spécial, certifié "magnifique".

Nota : Je n'ai pas oublié nos deux amis qui trouvèrent les noms des quatorzéquinzièmes académiciens Mallarmé. Leur lot devrait leur parvenir bientôt. Patience...

mercredi 4 février 2009

Colloque "Saint-Pol-Roux, passeur entre deux mondes", les 27 & 28 février à Brest (Faculté Victor-Segalen)

C'est incontestablement un événement en notre petite répoétique et, soyons audacieux, dans le grand monde universitaire que d'aucuns, trop haut perchés, camemberts économiques en bouche, tentent flibustièrement de rétrécir. Pensez donc : le "Centre d'étude des correspondances et journaux intimes" de la Faculté Victor-Segalen (Brest) accueillera le premier (!) colloque Saint-Pol-Roux les 27 & 28 février prochains. Sa tenue dans la ville où mourut le poète est parfaitement légitime et je me réjouis de retrouver Brest dans quelques petites semaines. C'est le premier et, naturellement, les approches y seront diverses, donnant un large aperçu, large donc pertinent, de l'oeuvre idéoréaliste. L'intitulé le permet et la thématique du "passage", présentée par les organisateurs, semble idéale pour une première manifestation universitaire autour du Magnifique :
Saint-Pol-Roux occupe, à la charnière du XIXe siècle et du XXe siècle une position particulière : héritier du Romantisme, disciple du Symbolisme, il participe de "l'esprit nouveau" et prépare les recherches de la modernité poétique. C'est cette situation privilégiée de "passeur" et de médiateur que ce colloque voudrait étudier : passage du monde méditerranéen au monde celtique, de l'humble réalité aux images les plus audacieuses, de l'instant à l'éternel, du monde visible au "seuil du mystère"... Il s'agira surtout de faire entendre la voix singulière qui fit résonner "un chant d'étoile et d'argile ensemble".
Le colloque sera dense : dix-huit communications sur un jour et demi (voir programme ci-dessous). Un événement, vous dis-je.


PROGRAMME

Vendredi 27 février

"FRAGMENTS D'UNE VIE"

Présidente de séance : Madame Marie-Josette Le Han
  • 9 h : Accueil
  • 9 h 30 : M. Marcel BUREL (Brest) - Les "bretonnismes" dans les poèmes roscanvélistes (1898-1904)
  • 10 h : M. Dominique BODIN (Saint-Malo) - Entre Iroise et Emeraude : Saint-Pol-Roux et Théophile Briant
  • 10 h 30 : M. Henry Jean-Louis DEBAUVE (Paris) - La correspondance de Saint-Pol-Roux
  • 11 h : Pause
  • 11 h 15 : M. Jean-André LE GALL (Brest) - Correspondance Victor Segalen-Saint-Pol-Roux
  • 11 h 45 : Mme Renée MABIN (Brest) - Saint-Pol-Roux frère des peintres : de Gauguin à Jim Sévellec
AFFINITES LITTERAIRES ET RENCONTRES ESTHETIQUES

Président de séance : Monsieur Patrick Besnier
  • 14 h : M. Jean-Luc PESTEL (Brest) - "Fils du Soleil", Saint-Pol-Roux lecteur de Rimbaud
  • 14 h 30 : M. Julien SCHUH (Paris IV) - Saint-Pol-Roux symboliste ?
  • 15 h : M. Mikaël LUGAN (Pau) - Le Magnifique et les Surréalistes : un malentendu poétique ?
  • 15 h 30 : Mme Dominique MILLET-GERARD (Paris IV) - Mystère des êtres, mystère des choses : Saint-Pol-Roux et Francis Jammes
  • 16 h : Pause
Président de séance : Monsieur Jean-Marc Hovasse
  • 16 h 30 : M. Patrick BESNIER (Université du Maine) - Saint-Pol-Roux et la musique
  • 17 h : M. Jean-Louis MEUNIER (Nîmes) - Les didascalies de La Dame à la faulx
  • 17 h 30 : Mme Sophie LUCET
  • 18 h : Visite de l'exposition au Musée des Beaux-Arts
Samedi 28 février

AMBITIONS D'UNE OEUVRE

Présidente de séance : Madame Dominique Millet-Gérard
  • 9 h 30 : M. Jacques GOORMA (Strasbourg) - La poésie comme force d'union et d'émancipation
  • 10 h : Mme Odile HAMOT (Université de la Guadeloupe) - Figure du poète en Ezechiel
  • 10 h 30 : Pause
  • 11 h : M. Nicolas TOCQUER (Brest) - Saint-Pol-Roux et Jean Royère : correspondance
  • 11 h 30 : M. Jean-Michel KERVRAN (Quimper) - Ethique et esthétique dans l'oeuvre de Saint-Pol-Roux
  • 12 h : Mme Françoise DANIEL
  • 12 h 30 : Mme Marie-Josette LE HAN - Synthèse et conclusion du colloque
Parions que ce colloque Saint-Pol-Roux, premier du nom, fera des petits en Bretagne, en Provence et à Paris...