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vendredi 5 mars 2010

Vient de paraître : LITANIES DE LA MER, reproduction Fac-Similé de la symphonie verbale, inédite, de Saint-Pol-Roux


LITANIES DE LA MER, précédées de "Pour une Cathédrale du Verbe" par René Rougerie - Rougerie éditeur, Mortemart, 2010. Reproduction en Fac-Similé du manuscrit de Saint-Pol-Roux, tirée à 500 exemplaires. [ISBN 978-2-85668-158-9] - 21 €.
On en reparle bientôt...

dimanche 13 avril 2008

C'est le 100e billet : Joyeux anniversaire Monsieur Rougerie !

J'entoile aujourd'hui le centième billet des FEERIES INTERIEURES. Mais ce ne sont pas les bougies de mon blog que je veux souffler ici. Car il y a mieux à faire pour qui aime Saint-Pol-Roux en 2008, pour qui a découvert un de ses recueils quinze ans plus tôt dans quelque poétique rayonnage de la FNAC de Toulouse, c'est de rendre hommage à celui qui a permis cette découverte, cet amour. Je veux dire : René Rougerie. Et l'occasion est belle puisque les éditions Rougerie célèbrent cette année leurs soixante ans. Six décennies d'existence, voilà qui compte dans le monde de la petite édition. Il faudrait avoir sous la main le numéro que lui consacra Plein Chant pour dire quels furent les premiers ouvrages édités en 1948 par René Rougerie sur sa presse à bras de Mortemart. Je ne l'ai pas, malheureusement, mais n'en ai point besoin pour deviner qu'il s'agissait de poésie. Parce qu'il s'est toujours agi de poésie, de soixante ans de poésie et, par conséquent, de jeunesse et d'audace. Oh oui, il est audacieux, et il est jeune, le catalogue des éditions Rougerie, qui privilégie les marginaux, les inclassables, les nouveaux venus. Citons, parmi tant d'auteurs, ces quelques noms : Pierre Albert-Birot, Maxime Alexandre, Fernando Arrabal, Gabriel Audisio, Marcel Béalu, Luc Bérimont, Jean de Bosschère, Joë Bousquet, Théophile Briant, René Guy Cadou, Hélène Cadou, Jean Cassou, Gaston Chaissac, René Char, Georges-Emmanuel Clancier, Jean Cocteau, Luc Decaunes, André Delons, Pierre Dhainaut, Charles Dobzynski, Jean Follain, Roger Gilbert Lecomte, Jacques Goorma, Marcel Hennart, Yves Heurté, Marianne van Hirtum, Gaspard Hons, Max Jacob, Jean L'Anselme, Anne-José Lemonnier, Michel Manoll, Casimir Prat, Pierre Reverdy, Jean Rousselot, Claude Roy, Yves Sandre, Victor Segalen, Michel Seuphor, Michel de Smet, André Suarès, André Thirion, Pierre Toreilles, Alain et Odette Virmaux, Roger Vitrac, Jean-Claude Xuereb, etc. Et Saint-Pol-Roux, bien sûr, dont il publia un texte, pour la première fois, en 1968, dans le sixième numéro de METAMORPHOSES, revue trimestrielle dirigée par Oleg Ibrahimoff. Il s'agissait des "Brouillons de présentation de la Répoétique" suivis de "A Raymond Datheil" (sonnet), publication préfigurant l'esprit qui devait présider, à partir de 1970, à l'édition, aujourd'hui presque achevée, des oeuvres majeures du Magnifique. Car la courageuse originalité de René Rougerie fut, plutôt que de céder à la facilité en rééditant d'abord les tomes épuisés depuis longtemps des Reposoirs de la procession, le recueil d'Anciennetés ou La Dame à la Faulx, de donner à lire un Saint-Pol-Roux inconnu, celui des trente-cinq dernières années, accumulant en secret les fondements de sa Répoétique, que le poète nommait ses oeuvres futures. L'éditeur fut aidé, dans son entreprise considérable, par Divine elle-même, et rejoint par Gérard Macé, qui rédigeait alors un mémoire de maîtrise sur la poésie du Magnifique. Vinrent ensuite Yves Sandre, puis Jacques Goorma, auteur de la première thèse consacrée à Saint-Pol-Roux, et Alistair Whyte. De cette complicité des chercheurs, eux-mêmes pour la plupart poètes, avec l'éditeur, naquirent vingt-deux volumes. Il m'a semblé que d'en dresser la bibliographie en ce centième billet était une jolie façon de souhaiter un joyeux anniversaire à M. René Rougerie, artisan-éditeur.

Bibliographie des oeuvres de Saint-Pol-Roux
(Mortemart - 87330)

  • LE TRESOR DE L'HOMME, préface de André Pieyre de Mandiargues suivie de L'oeuvre en miettes de Saint-Pol-Roux par Gérard Macé. [1970 - 174 p. - tirage à 150 exemplaires sur Alfa-Mousse Navarre & 2000 exemplaires sur bouffant afnor 5]. Le volume recueille le texte des deux conférences sur l'imagination, données par Saint-Pol-Roux à Paris, en juin 1925, à la Maison des Etudiants d'abord (19 juin), devant des surréalistes enthousiastes, puis devant quelque assistance plus assise, dans les jours qui suivirent. Entre ces deux conférences, s'intercalent les trois carnets de notes préparatoires. Un article, "On n'est vraiment seul que dans la foule", paru dans le journal Paris-Soir du 20 juin, clôt ce très-important ensemble. [L'ouvrage a connu une deuxième édition, tirée à 1500 exemplaires sur bouffant afnor 5, le 22 octobre 1991]
  • LA REPOETIQUE, préface de Raymond Datheil suivie de Le poème du Monde nouveau par Gérard Macé. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 31 Août 1971, a été tirée à 2125 exemplaires. A savoir : 125 exemplaires sur Alfa-Mousse Navarre, numérotés de 1 à 125, 2000 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 120 p.]. C'est sous l'impulsion de Raymond Datheil, en 1932, que Saint-Pol-Roux s'était décidé à présenter le liminaire de sa Répoétique. Après les refus de Ballard et Paulhan (à cause de Gide), pour Les Cahiers du Sud & la NRF, il fut finalement publié par le fidèle Vallette au Mercure de France. Malheureusement, lors du pillage de 1940, la liasse des manuscrits de La Répoétique fut mutilée. Gérard Macé a mis en ordre les feuillets et carnets retrouvés et conservés par Divine. Toutes les pages recueillies ici se rattachaient explicitement par leur titre à ce vaste ensemble. On y découvre l'architecture, le plan désiré initialement par Saint-Pol-Roux; à la suite du "liminaire", les notes sont compilées dans des sections intitulées : "Vie du poème ou mécanisme de la poésie", "Images et verbe", "Age du soleil ou monde futur", "Notes, maximes".
  • CINEMA VIVANT, précédé de L'empire du Soleil par Gérard Macé. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 17 Août 1972, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires sur Alfa-Mousse Navarre, numérotés de 1 à 150, 2100 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 120 p.]. Il s'agit d'un ensemble de notes sur le Cinéma et son devenir poétique, recueillies et ordonnées par Gérard Macé. Par leur thématique et leur forme, elles se rattachent au projet répoéticain. Dédiées à Abel Gance, elles annoncent un cinéma d'idéoréalisation, qui, grâce à la maîtrise de l'énergie lumineuse, permettrait la projection des imaginaires particuliers.

  • VITESSE, précédée de Une définition sans fin par Gérard Macé. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 20 Août 1973, a été tirée à 2150 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires sur Alfa-Mousse Navarre, numérotés de 1 à 150, 2000 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 102 p.]. Recueil de métaphorismes de Saint-Pol-Roux. Le terme est de Gérard Macé qui s'en explique dans sa préface : "Le caractère aphoristique de la métaphore, ou métaphorique de l'aphorisme, l'analogie poussée jusqu'au vertige baroque, c'est ce que nous proposons d'appeler le "métaphorisme" de Saint-Pol-Roux." Le Magnifique n'a cessé d'interroger le progrès mécanique ou scientifique et d'en tirer les conséquences poétiques; VITESSE en est une ahurissante et prodigieuse manifestation. Les notes rattachent le volume à la Répoétique et à la Randonnée.
  • LES TRADITIONS DE L'AVENIR, précédées d'un Avertissement par Gérard Macé. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 9 Août 1974, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires sur offset afnor 7, numérotés de 1 à 150, 2100 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 120 p.]. Recueil d'articles, de textes de conférences ou de brouillons inédits, hommages à des artistes et célébrations de la poésie. Sommaire : "L'âme de Beethoven", "Musique", "Tristesse de Victor Hugo", "Gloire à Verlaine", "Le sacre de Rimbaud", "A l'usage des poètes nouveaux", "Gauguin et ses apôtres", "Notes de poètes".
  • SAINT-POL-ROUX/VICTOR SEGALEN - CORRESPONDANCE - préfacée par Annie Joly-Segalen. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 2 septembre 1975, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires sur offset afnor 7 numérotés de 1 à 150, 2100 exemplaires sur offset afnor 5 - 120 p.]. Ces trente-huit lettres témoignent de l'amitié fidèle qui unit les deux poètes pendant près de vingt ans. Elles sont suivies de deux textes de Segalen sur son aîné : l'hommage qu'il lut lors du banquet de La Dame à la Faulx (6 février 1909), et un article de la Dépêche de Brest à l'occasion de la parution des Féeries intérieures.
  • LA TRANSFIGURATION DE LA GUERRE suivie de Lettres à Edison, à son Excellence M. Woodrow Wilson, au Premier Lord de l'Amirauté britannique, texte établi par Gérard Macé, avec une précision de René Rougerie. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 10 septembre 1976, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires numérotés sur bouffant afnor 7, 2100 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 88 p.]. J'ai un faible particulier pour ce titre, qui loin de s'inscrire dans le patriotisme de circonstance qui fit écrire jusqu'aux meilleurs écrivains de l'époque d'une même encre rouge sur le même papier tristounet, dresse haut les couleurs de l'imagination.
  • GENESES, texte établi par Gérard Macé, avec une précision de René Rougerie. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 20 octobre 1976, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires numérotés sur bouffant afnor 7, 2100 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 128 p.]. Si les pages recueillies dans LA REPOETIQUE étaient explicitement rattachées au projet initial de Saint-Pol-Roux, celles de GENESES s'y rattachent implicitement (c'est-à-dire qu'aucune indication précise de la main du poète ne les lie à l'ensemble), par leur forme comme par leur thématique.
  • LA RANDONNEE, texte établi par Gérard Macé, avec une précision en fin de volume par René Rougerie. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 3 avril 1978, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires numérotés sur bouffant afnor 7, 2100 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 96 p.]. Il s'agit d'une réédition d'un long texte, et admirable, qui fut publiée dans LA REVUE DE L'OUEST d'août 1932, augmentée ici des notes sur la vitesse que Saint-Pol-Roux avait glissé dans les marges de son exemplaire. Le prétexte de cette randonnée poétique fut un aller-retour Camaret-Brest-Camaret dans l'automobile conduite par André-Paul Antoine, le fils d'André Antoine. Un chef-d'oeuvre.
  • DE L'ART MAGNIFIQUE suivi de Réponses et de Petit Traité de Déshumanisme, texte établi par Gérard Macé. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 30 octobre 1978, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires numérotés sur bouffant afnor 7, 2100 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 104 p.]. Recueil de textes théoriques sur la poésie, pour certains déjà parus en revue, pour d'autres inédits. Une histoire de l'idéoréalisme sur près de 50 ans. Au sommaire : "De l'Art Magnifique", "Enquête de Jules Huret", "Réponse périe en mer", "Réponse à l'enquête de Gaston Picard", "Sur le sable de Camaret", "La solitude et le symbolisme", "Souvenirs", "Allocution", "L'idéoréalisme", "Je vis dans 50 ans", "Remerciements", "Le Faiseur et le Poète ou Différences", "Le Poète et le Savant", "Notations d'un pèlerin sur la notion de patrie", "Petit traité de déshumanisme".
  • LA DAME A LA FAULX, version théâtrale inédite précédée de Lettres à Jacques Rouché présentées par Yves Sandre. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 7 décembre 1979, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires sur Alfa-Mousse, numérotés de 1 à 150, 2100 exemplaires sur bouffant Afnor 5 - 296 p.]. Il s'agit de la troisième version de la tragédie, si l'on excepte la toute première, celle de 1890, dont on ne connaît que le titre, La Femme à la faulx, et l'argument. L'originale, conçue en 1895 dans les Ardennes luxembourgeoises, parut en 1899 aux éditions du Mercure de France. La seconde, remaniement du livre, fut présentée au comité de lecture de la Comédie-Française en novembre 1910. Après le refus de Claretie, Jacques Rouché demanda à Saint-Pol-Roux de lui présenter une nouvelle version de sa pièce pour le Théâtre des Arts. Les lettres ici recueillies montrent que le poète, contrairement à l'idée reçue, était sensible aux contraintes scéniques. Et rien autre que la mauvaise foi certaine de Rouché fut cause que la Dame encore une fois resta injouée.
  • LES REPOSOIRS DE LA PROCESSION I - LA ROSE ET LES EPINES DU CHEMIN, préface de Gérard Macé. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 23 mai 1980, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires numérotés sur Alfa-Mousse, 2100 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 168 p.]. Un premier cycle d'inédits s'achevant avec la publication précédente, René Rougerie commença la réédition des trois volumes des Reposoirs.
  • LES REPOSOIRS DE LA PROCESSION II - DE LA COLOMBE AU CORBEAU PAR LE PAON. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 30 octobre 1980, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires numérotés sur bouffant Afnor 7, 2100 exemplaires sur bouffant Afnor 5 - 206 p.].
  • LES REPOSOIRS DE LA PROCESSION III - LES FEERIES INTERIEURES, postface de Michel Décaudin. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 5 janvier 1981, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires numérotés sur bouffant afnor 7, 2100 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 216 p.].
  • LE TRAGIQUE DANS L'HOMME I - MONODRAMES. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 15 septembre 1983, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires numérotés sur velin de Lana, 2100 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 136 p.]. Le Tragique dans l'homme était le titre sous lequel devaient paraître, chez Figuière, en 1914, les oeuvres dramatiques complètes de Saint-Pol-Roux. René Rougerie a réédité, à partir des épreuves et des plans retrouvés, les pièces qui avaient paru au Mercure de France et celles dont le texte avait été conservé. Dans ce premier tome figurent : LES PERSONNAGES DE L'INDIVIDU, LES SAISONS HUMAINES & TRISTAN LA VIE, précédés de "Dramaturgie", article que le poète avait publié dans la Revue d'Art dramatique.
  • LE TRAGIQUE DANS L'HOMME II - MONODRAMES, postface de Jacques Goorma. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 10 septembre 1984, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires numérotés sur velin Lana, 2100 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 152 p.]. Ce second volume contient : L'AME NOIRE DU PRIEUR BLANC & LE FUMIER.
  • TABLETTES - 1885-1895 - VERS ET PROSE, édition établie par Jacques Goorma et Alistair Whyte, préface de Jacques Goorma. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 20 mai 1986, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires sur velin de Lana, 2100 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 200 p.]. Avec cet opus commence l'édition des textes épars, publiés en revues et non recueillis (à l'exception d'Anciennetés) en volume par Saint-Pol-Roux. Ce premier tome regroupe poèmes et proses parus entre 1885 et 1895, soit pendant la période parisienne du Magnifique.
  • IDEOREALITES - 1895-1914 - VERS ET PROSE, édition établie par Alistair Whyte et Jacques Goorma, préface de Jacques Goorma. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 15 novembre 1987, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires numérotés sur velin de Lana, 2100 exemplaires sur bouffant afnor 5 - 216 p.]. Ce volume comprend les textes écrits pendant l'exil ardennais, le bref retour à Paris, la période roscanvélite, puis les belles années camarétoises d'avant-guerre.
  • GLORIFICATIONS - 1914-1930 - VERS ET PROSE, édition établie par Alistair Whyte et Jacques Goorma, préface de Jacques Goorma. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 5 juin 1992, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires numérotés sur velin de Lana, 2100 exemplaires sur offset - 182 p.]. Pour beaucoup, les textes recueillis ici sont des textes de célébration. De la guerre au Grand Jeu, le cheminement poétique qui nous est donné de lire dans ces pages est jalonné des étapes qui mènent à la Répoétique.

  • VENDANGES, texte établi et présenté par Yves Sandre, postface de Jacques Goorma et Alistair Whyte. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer le 10 septembre 1993, a été tirée à 2250 exemplaires. A savoir : 150 exemplaires numérotés sur velin de Lana, 2100 exemplaires sur offset - 320 p.]. Ce nouvel inédit est à verser dans le cycle des oeuvres futures. Il s'agit de l'édition de cinq cahiers d'écolier grisés de métaphorismes que Saint-Pol-Roux avait intitulés VENDANGES. Rédigés entre 1929 et le début des années 1930, ils constituent le bréviaire indispensable de la philosophie idéoréaliste, et révèlent au grand jour une part peu connue de l'écriture de Saint-Pol-Roux : l'humour.
  • LA BESACE DU SOLITAIRE, édition établie par Jacques Goorma et Alistair Whyte, suivie de Reconstruire le poète par René Rougerie. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer en septembre 2000, a été tirée à 2050 exemplaires. A savoir : 50 exemplaires numérotés sur velin de Lana, 2000 exemplaires sur offset - 184 p.]. Cette dernière collaboration de Jacques Goorma, Alistair Whyte et René Rougerie, forme, après TABLETTES, IDEORALITES & GLORIFICATIONS, le quatrième volume des textes épars. Les poèmes et proses y recueillis furent écrits et/ou publiés entre 1930 et 1940.
  • LES OMBRES TUTELAIRES suivies de TRISTAN LA VIE (version inédite), précédés de Un espoir déchirant par René Rougerie. [L'édition originale de cet ouvrage, achevé d'imprimer en mars 2005, a été tirée à 2020 exemplaires. A savoir : 20 exemplaires numérotés sur velin de Lana, 2000 exemplaires sur bouffant - 120 p.]. Je ne reviendrai pas sur ce volume auquel j'ai consacré, il y a quelques mois, un assez long billet.

Pour être complet, je me dois de signaler que René Rougerie fut également à l'origine de belles revues de poésie, desquelles Saint-Pol-Roux ne fut jamais absent. J'ai déjà mentionné METAMORPHOSES. Mais il y eut aussi, entre 1955 et 1971, REALITES SECRETES, cahiers de littérature dirigés par Marcel BEALU et René ROUGERIE, qui vécurent 34 numéros (dont 7 numéros doubles).


Les cahiers de REALITES SECRETES avaient pour vocation de révéler "le surréalisme incontournable et universel de la poésie" et de constituer "une anthologie permanente du merveilleux et du fantastique contemporain". On pouvait ainsi y lire, outre les belles pages de Béalu, certaines de Maurice Blanchard, Michel Fardoulis-Lagrange, Julien Gracq, Jean Paulhan, Max Jacob, Francis Ponge, Pierre Albert-Birot, Jean Follain, Robert Margerit, Raymond Queneau, René de Obaldia, Joyce Mansour, Lise Deharme, Charles Fourier, Petrus Borel, Antonin Artaud, René Char, André Breton, René-Guy Cadou, Radovan Ivsic, Robert Desnos, Jean L'Anselme, Malcolm de Chazal, Alain Borne, Serge Essenine, Edward Lear, Joe Bousquet, Hubert Juin, Michel de Smet, Jean Rousselot, Jean Cocteau, Elie-Charles Flamand, etc. On trouve SAINT-POL-ROUX au sommaire de trois numéros :
  • N°39 - Saint-Pol-Roux : Le trésor de l'homme (extraits), précédé de "L'oeuvre en miettes de Saint-Pol-Roux", par Gérard Macé.
  • N°41-42 - Saint-Pol-Roux : La répoétique.
  • N°43 (Numéro spécial commémoratif) - Métaphorismes.
A REALITES SECRETES succédèrent les 100 numéros de POESIE PRESENTE (1971-1997), cahiers trimestriels de poésie dirigés par René Rougerie, qui avait annoncé son programme en tête du numéro inaugural :
"Je publierai donc ce que j'aime. Revendiquant même le droit de me tromper. Refusant toutes les étiquettes, ne me laissant enfermer dans aucun système. Capable d'aimer aussi bien une poésie lyrique que celle concise où chaque mot porte son poids."
Si certains des textes de Saint-Pol-Roux qui y parurent furent ensuite recueillis dans les volumes, d'autres n'ont connu qu'une publication en revue. Aussi certaines des livraisons de POESIE PRESENTE sont-elles d'indispensables compléments aux oeuvres majeures dont je viens de donner la bibliographie.


Bibliographie des textes de Saint-Pol-Roux
parus dans POESIE PRESENTE
  • N°2 : "LE MIEL" & autres poèmes (La Gloire, Orphée des Ardennes, Pour Coecilian, Quatorze fois quatorze, Message, Orphée, Le pain blanc, Le Génie)
  • N°19 : "LES ORGUES DU VERBE"
  • N°23 : "CALVAIRE SUR LA ROUTE"
  • N°28 : "LE NOËL DE L'AN NEUF"
  • N°35 : "EPIPHANIE"
  • N°45 : "TRISTAN LA VIE"
  • N°52 : "IPSEISME"
  • N°55 : "LE SOLEIL"
  • N°61 : "PRIMITIVITE"
  • N°64 : "AUTOUR DE LA BARBE BLANCHE DE FRANCISQUE SARCEY"
  • N°69 : "AU BOUT DU MONDE" & "SEMAILLES"
  • N°77 : "METAPHORISMES"
  • N°79/80 : "POEMES INEDITS" (Clair de lune, Firmamentalement, Quatorzain pour mes jolies, Grisaille, Lever du jour, Distiques, L'armoire aux regards, Air de biniou, Chromo, La marche inéluctable, Dolence, Le grand vent et les Chacals de l'espace)
  • N°81 : "POEMES INEDITS" (Ciels humains, Marine, Le cerceau de l'écuyère, Crucifix d'ivoire, Cave, Cariatide, A une femme, Aubade à jolie, Réveil, Théorie virginale)
  • N°82 : "POEMES INEDITS" (Le Chant des morts, Lamento)
  • N°83 : "LA SUPERBE DU MENDIANT" (La vendangeuse, Les sombres vendanges, Miel et Fiel, La superbe du mendiant, La charpente du mendiant superbe, La colombe et le corbeau, L'homme est le loup de l'homme)
  • N°84 : "LE VERBE TOTAL ET VIVANT"
  • N°85 : "NOTES SUR LE THEATRE"
  • N°86 : "FINI ET INFINI"
  • N°87 : "LETTRES INEDITES" (A André Breton et Jean Royère)
  • N°88/89 : "A LA BEAUTE" (Toast à Verlaine, La Beauté et le Joli)
  • N°90 : "HÔTE DE LA BRETAGNE" (Notes sur la Dame à la Faulx, Causerie)
  • N°92 : "EN COMPAGNIE DE MAX JACOB MAIS AUSSI DE VERLAINE ET DE... SOCRATE" (Marché quotidien, Lettres de Max Jacob, La marâtre, Les Ombres tutélaires)
  • N°94 : [a échappé à ma recension...]
  • N°97 : "GIONO" & "PASTORALE APOLOGIE"
  • N°98 : "VISAGES DE SAINT-POL-ROUX (I)" (Golgotha, Variantes de La Magdeleine aux parfums et Vers inédits, Lettre au peintre Antral, Notes sur l'Art, Un buste sur la lande/Antoine et Patlagean, Réflexions sur Antoine, Message au poëte Archer Milton Huntington)
  • N°99 : "VISAGES DE SAINT-POL-ROUX (II)" (Préface aux Poèmes de Charles Gillet [variantes], La Gloire, Le cireur noir, Sur la grève, Notes sur la création, La Musique, Artistes et artisans)
Joyeux anniversaire Monsieur Rougerie.

vendredi 10 août 2007

Quelques gloses sur "Les Ombres Tutélaires", chez René Rougerie

C'est le titre d'une pièce inédite de Saint-Pol-Roux, publiée voilà deux ans par René Rougerie. L'éditeur pensait qu'avec La Besace du Solitaire (2000) s'était achevée l'édition, par ses soins, de l'oeuvre idéoréaliste. Il n'en fut rien, heureusement. Et son amour du poète est trop fort, sans doute, pour qu'il mette un point final à cette aventure éditoriale qui dure depuis quarante ans. Aussi Les Litanies de la Mer - synthèse légendaire devraient sortir des presses de Mortemart d'ici 2008. C'est une belle histoire que celle de René Rougerie. Il avait débuté dans les lettres comme poète naturellement. J'ai de lui un recueil, préfacé par A.-M. Gossez, Sous les figuiers aux mains pâlies... (Editions Provinciales et Grande Librairie Universelle), qui date de 1931. Il avait déjà donné A l'ombre de la dune (Gloria, 1928) et Clarines et Bourdons - Choix de poésies mises en musique par l'auteur (Editions des Roses, 1930). Le volume de poèmes en ma possession témoigne déjà d'un goût prononcé pour le beau livre, pour cet artisanat d'art que sait être encore, parfois, l'édition. Rougerie n'avait laissé à personne d'autre qu'à lui-même le soin d'illustrer Sous les figuiers aux mains pâlies... et il est vrai que ses bois sont charmants. On retrouve, cinq ans plus tard, son nom au sommaire de La Proue - revue des poètes indépendants où collaborèrent notamment Gustave Kahn, Francis Vielé-Griffin, André Fontainas, Carlos Larronde et Auguste Bergot qui, tous, fréquentèrent Saint-Pol-Roux. Mais ce n'est pas de cette époque que date, pour René Rougerie, la rencontre capitale avec l'oeuvre du Magnifique. Elle se fit, alors qu'il était devenu déjà éditeur et dirigeait une revue, Métamorphoses, dans les années 1960. Il y publia, en 1968, grâce à Raymond Datheil des brouillons de la Répoétique dont le liminaire avait été recueilli, deux ans auparavant, dans l'anthologie d'Alain Jouffroy : Les Plus Belles Pages (Mercure de France). Il avait été frappé par la modernité de ce texte étonnant et n'avait pas tardé à rencontrer Divine, la fille du Magnifique, puis Gérard Macé, alors étudiant, qui, le premier, s'était intéressé à ces inédits. Il en résulta une belle amitié entre ces trois-là qui donna naissance à des publications capitales. Vinrent ensuite Jacques Goorma et Alistair Whyte. René Rougerie édita de 1970 à 2005 vingt-deux volumes de Saint-Pol-Roux. Le dernier en date, donc : Les Ombres Tutélaires suivies de Tristan la Vie. Il faut lire la préface, "un espoir déchirant", dont l'éditeur fait précéder ces deux pièces. Elle dit mieux que tout billet combien il demeure intimement attaché à l'oeuvre de Saint-Pol-Roux. Elle est d'un homme passionné, d'un éditeur-poète qui se souvient de l'hommage d'Aragon, "Saint-Pol-Roux ou l'Espoir", et qui, se plaçant du côté des poètes, n'aime pas beaucoup les universitaires et les chercheurs. Elle est un pari sur l'avenir, et un pari gagné. Car Rougerie a la certitude - et c'est là ce qui, malgré la distance posée (de son point de vue, ne suis-je pas un universitaire ?), nous unit - cette certitude que la poésie de Saint-Pol-Roux ne peut, à terme, que s'imposer. Aussi une telle passion peut-elle aisément faire oublier le peu d'informations que nous transmet la préface sur les pièces, puisqu'elle n'est pas d'un chercheur qui vit dans ses notes et l'obsession du détail. Après tout, les vérités essentielles sont dites : 1. il reste encore de nombreux inédits à découvrir; 2. le théâtre fut la grande ambition de Saint-Pol-Roux; 3. et la Répoétique ne fut, à bien y regarder, qu'un développement naturel de ses conceptions dramatiques. Pourtant, le toqué - un des personnages de mon individu - qui me possède ne peut lutter contre sa pathologique manie de remettre à sa juste place le moindre bibelot, de quelques millimètres déplacé, sur la table des vérités. Il me faut céder ou alors choir dans l'insomnie. Je cède.

Poussons d'abord ces quelques babioles préfacielles en forme de Dame à la Faulx. René Rougerie mentionne, pages 12-13, une 4e version retrouvée de la tragédie de 1899, augmentée d'un acte, et précise : "Sont prévus dans les principaux rôles : Mme Segond-Weber, M. Albert Lambert, Mlle Bartet, M. Mounet-Sully..." ; or, ces comédiens étaient tous les quatre sociétaires de la Comédie-Française; et Saint-Pol-Roux ne présenta sa pièce, après remaniement, au comité de lecture de la Maison de Molière qu'une fois, en novembre 1910. Ce qui rattache cette 4e version à celle, la 2e, lue à cette occasion, et en fait un état intermédiaire. Quelques lignes plus bas (pp. 13-14), l'éditeur présente le brouillon d'un texte "qui pourrait être une sorte d'introduction à La Dame à la faulx, ou même à l'oeuvre théâtrale". En réalité, la première intuition fut la bonne : il s'agit bel et bien d'un brouillon d'un passage de la préface de La Dame à la Faulx, rédigée en 1895. Il est encore question, implicitement cette fois, de ce drame, pages 18-19. René Rougerie reproduit une lettre "adressée à un ami non identifié - peut-être Maeterlinck ?" (hypothèse peu probable puisqu'il y est fait mention de Materlinck à la 3e personne; avançons plutôt l'hypothèse Vallette). Saint-Pol-Roux y défend la paternité de l'idée par laquelle l'auteur de La princesse Maleine clôt son chef-d'oeuvre : le chant du coq, citant à l'appui "Lazare - pièce âgée de cinq ans où triomphe la Mort", "les Noces rouges" et sa "symphonie tragique, dont [il tait] le titre encore, et qui, [espère-t-il], entreprendra bientôt [son] Combat". "Noces rouges", une "Symphonie tragique" (Ne serait-ce pas "Sa Majesté la Vie"?) sembleraient avoir été entièrement écrites", poursuit Rougerie. Sa Majesté la Vie désigne un projet dramatique du poète, conçu autour de 1930. Ce qui daterait la lettre des dernières années de la vie du Magnifique. Ce ne peut être le cas : La princesse Maleine parut en 1890 -mais il y eut des rééditions, m'objectera-t-on, soit; que dire alors de "Lazare - pièce âgée de cinq ans où triomphe la Mort" déjà apparue, avec cette même caractérisation, dans le billet consacré à La Pléiade, en une citation de "La Gloire du Verbe, par Pierre Quillard" (Mercure de France, février 1891) ? Et cette "symphonie tragique, dont je tais le titre encore" ne la trouvait-on pas à peine changée en "Symphonie humaine - dont je tais le titre", dans le même article rédigé les 5 et 6 décembre 1890, obligeant à dater la lettre des derniers mois de cette année et à identifier ladite "symphonie" non à Sa Majesté la Vie mais à La Femme à la Faulx, premier titre d'une version initiale de la Dame à venir ?

Mais venons-en à ces Ombres Tutélaires. C'est une pièce qu'il fallait éditer, car si elle n'est pas un chef-d'oeuvre, elle témoigne de l'humour du Magnifique, de sa truculence, de sa culture aussi, et surtout relève, avant la lettre, des traditions de l'avenir. C'est un étrange colloque où sont convoquées, autour de l'Amphytrion-Saint-Pol-Roux, les ombres de Socrate, Platon, Epictète, Euripide, Lucien de Samosate, Marc-Aurèle, Catulle, Horace, Homère, Plaute, Eschyle, Virgile, Esope, etc., et l'ombre ultime et dégringolante de l'Oncle Sarcey, qui engagent le poète, désespéré par l'incompréhension à laquelle se heurte son oeuvre, à poursuivre son effort d'avenir. "La pièce n'est pas datée. Mais on peut raisonnablement penser qu'elle date de la période où Saint-Pol-Roux, en proie à de grands soucis financiers, songeait à quitter Camaret", précise René Rougerie. Le Magnifique, acculé, avait effectivement envisagé de vendre son manoir en 1920. Pourtant, plusieurs indices prouvent que la pièce fut écrite bien avant cette date : la dédicace à Remy de Gourmont, d'abord, faisant remonter sa composition avant la mort de ce dernier, le 27 septembre 1915; le thème même de la scène qui dramatise de fortes déceptions du poète, probablement celles éprouvées après le double refus de la Comédie-Française et du Théâtre des Arts, en 1910 et 1912, de représenter La Dame à la Faulx (et le choix du genre dramatique est caractéristique); le projet du Tragique dans l'Homme, enfin, dont les épreuves étaient corrigées, prêt à paraître en 1914 chez Figuière, et dans lequel devait figurer Les Ombres Tutélaires, divertissement. La pièce serait donc de 1912. Date que tendrait à confirmer sa proximité avec la version inédite de Tristan la Vie, hommage à Corbière. L'éditeur indique en note que "les deux pièces [font] partie des quelques deux cents feuilles manuscrites remises par Divine à un étudiant pour le moins indélicat"; ces "deux cents feuilles" semblent avoir fait partie d'un ensemble de manuscrits consacrés au théâtre. Appartenaient-elles au Tragique dans l'Homme ? C'est possible. Nous savons que Les Ombres Tutélaires et Tristan la Vie devaient y figurer.

Dernier bibelot - en forme de crapaud - avant d'aller dormir : La version de cette dernière pièce, publiée ici, est probablement celle qui aurait dû être recueillie dans le volume des oeuvres théâtrales complètes, en 1914. C'est bien celle-ci qui avait été retenue, par Carlos Larronde, parmi les trois pièces de l'auteur que devait représenter le Théâtre Idéaliste, le 23 mars 1914. Mais pour des raisons "techniques", on ne la joua pas, comme nous l'explique un "écho" de Comoedia du 26 mars :

"Tristan la vie, de Saint-Pol-Roux, annoncé au Théâtre Idéaliste, n'a pas été finalement représenté. M. de Max aurait, paraît-il reculé, devant certaines difficultés de mise en scène.
Il est certain que la pièce n'était pas facile à monter.
A un moment particulièrement émouvant M. de Max devait s'écrier : "Des ailes, des ailes, il me pousse des ailes !" Et les ailes ayant effectivement poussé sous les yeux émerveillés du public, il devait d'un coup d'aile, abattre An Ankou (la mort) "les quatre os en l'air !"
Quant à la mort, elle était, au dénouement, passée à la couverte : "Elle rebondit dans la couverture jusqu'à ce que la carcasse lugubre se disloque et s'éparpille comme os par os, un peu partout dans la ténèbre et le mystère".
Pour l'artiste qui aurait interprété le rôle de l'Ankou, c'était certainement un joli succès de générale.
Mais il aurait sans doute fallu le doubler pour la première."
Que l'on compare les deux versions de Tristan la Vie disponibles chez Rougerie : celle du Tragique dans l'Homme - tome I, et celle de Les Ombres Tutélaires suivies de Tristan la Vie. Ce dénouement fracassant n'apparaît que dans la seconde.

Rappels : Il ne vous reste plus que 14 jours pour participer au sondage "Qu'avez-vous lu de Saint-Pol-Roux ?" - et plus que dix-neuf pour découvrir l'identité du mystérieux auteur de notre "Grand Jeu du Mois d'Août" (bientôt un deuxième indice).