lundi 5 novembre 2007

Des livres et des revues : Symbolisme et Surréalisme

Si je ne me suis pas rendu compte sur le moment que j'oubliais de ranger Nuit rouge et autres histoires cruelles de Paris dans ma valise, c'est probablement parce que j'avais beaucoup plus de livres à y glisser qu'à mon départ. Voici, en vrac, mes nouvelles acquisitions :

  • La nouvelle livraison de Supérieur Inconnu, dirigée par Sarane Alexandrian, est un numéro spécial sur le Bizarre. Malgré le mépris du CNL, la belle et créative revue continue de paraître en un format plus petit, toujours attentive aux exploits de haute volée poétique. Au sommaire : une lettre de Stanislas Rodanski à André Breton, des souvenirs d'Elie-Charles Flamand sur le cher Stan, un article de fond sur "le hors-l'art-loi Pinoncelli" signé Sarane Alexandrian, des comptes rendus de Marc Kober, des nouvelles du dormeur public : Virgile Novarina, des poèmes, de l'humour noir, etc., qui sont autant de preuves de la vitalité et de la nécessité du surréalisme.

  • D'Elie-Charles Flamand, justement, Lorsque l'envers se déploie, un magnifique recueil de poèmes. Et de Marc Kober, justement encore, Baisers. Deux beaux volumes édités par "La Mezzanine dans l'Ether" à 107 exemplaires (7 exemplaires de tête et 100 exemplaires courants).
L'intérêt que Gide ne cessa de porter à Emmanuel Signoret m'a toujours semblé curieux. Non seulement il préfaça ses Poésies complètes au Mercure de France (1908), huit années après la mort de l'orgueilleux et juvénile poète, mais il lui accorda une place non négligeable dans sa célèbre anthologie de poésie. Pourtant, la démesure de Signoret, son Verbe hautain que rien ne semble vouloir retenir, son lyrisme immodéré, sa quête assumée de gloire, ses admirations même (parmi lesquelles Saint-Pol-Roux), auraient dû l'éloigner de la recherche gidienne d'un classicisme moderne.

De chez Bruno Leclercq, maintenant, 3 numéros de revues :
  • La Wallonie, revue liégeoise mensuelle de littérature et d'art dirigée par Albert Mockel et Pierre-M. Olin; ce numéro de mai 1890 est entièrement rédigé par Emile Verhaeren.

  • L'Occident, n°35, octobre 1904 : un compte rendu de Le Visage émerveillé (Comtesse de Noailles), un poème d'Edouard Ducoté, un discours sur la peinture de Josué Reynolds traduit par Emile Bernard, L'esthétique de Beuron (étude de Pierre Lenz, traduite par Paul Sérusier et introduite par Maurice Denis), des propos et notes d'Adrien Mithouard.

  • Antée, n°12, 1er mai 1906; au sommaire : Marcel Hébert (sur Eugène Carrière), Lucie Delarue-Mardrus, Maurice de Faramond, Touny-Lérys, Charles Vildrac, Louis Thomas, etc.

Trouvés aux Autodidactes, rue du cardinal Lemoine (Paris, Ve) :

  • Dimanche, la petite plaquette de poèmes de Clément Magloire-Saint-Aude, publiée dans la collection S des éditions Maintenant (maison d'édition surréaliste des années 1970, dirigée par Georges Gronier, qui fit paraître des plaquettes de Radovan Ivsic, Annie Le Brun, Toyen, Gérard Legrand, Georges Goldfayn, etc.). Il s'agit d'un des 20 exemplaires Hors-Commerce signé par Georges Gronier.

  • La Plume, n°357, 1er mars 1904 : IIIe Supplément poétique.

    Chez Gibert, boulevard Saint-Michel, la récolte fut assez maigre, mais trois occasions tout de même :

  • Jean de Boschère, Max Elskamp suivi de Portraits d'Amis, éditions de la Différence, 1990. Les vues d'un grand poète sur un autre grand poète.

  • Jean Lorrain, Princesses d'ivoire et d'ivresse, éditions Privat/Le Rocher, coll. "Motifs", juin 2007. Un recueil de 1902 augmenté de plusieurs autres nouvelles tout aussi merveilleuses de perversité.

  • Mathieu Bénézet, André Breton - Rêveur définitif, Editions du Rocher, coll. "les infréquentables", 1996. Parce que je lis tout ce qui sort sur André Breton.
Puis deux catalogues d'exposition sur le Symbolisme :
  • Cinquantenaire du Symbolisme, catalogue de la célèbre exposition qui eut lieu à la Bibliothèque Nationale en 1936, préfacé par Edmond Jaloux. On y trouve du Saint-Pol-Roux, of course.

  • Le Mouvement Symboliste, catalogue de l'exposition organisée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, dans le cadre de l'accord culturel franco-belge, au premier trimestre 1957. Dégotté chez Léon Aichelbaum (rue d'Ulm, Paris Ve). On y trouve aussi du Saint-Pol-Roux.

A Mona Lisait, rue Saint-Martin (Paris IVe), j'ai rempli ma besace de recueils et plaquettes surréalistes parus à L'Ecart Absolu et le catalogue d'une exposition d'Enrico Baj signé Fernando Arrabal :
  • Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont, POESIES, Dessins et postface de Jean-Claude Silbermann (2003) : édition tirée à 341 exemplaires; il s'agit d'un exemplaire sur pur fil Johannot (3e grand papier) mais non numéroté et sans l'état de la sérigraphie.

  • Vincent Bounoure, LES ANNEAUX DE MALDOROR et autres chapitres d'un TRAITE DES CONTRAIRES, Frontispice de Mimi Parent, Illustrations de Robert Lagarde, Guy Hallart, Konrad Klapheck, Jorge Camacho, Jean Terrossian, Gabriel Derkevorkian (1999) : édition tirée à 533 exemplaires, l'un des 500 ordinaires.

  • Robert Benayoun, Petites pièces pouvant servir à approcher (même à comprendre) sinon à expliquer dans son ensemble le Surréalisme, précédé de Lire un film par Alain Joubert avec un frontispice de Jean Benoît (2001) : edition tirée à 333 exemplaires, l'un des 300 sur couché mat.

  • Guy Cabanel & Mimi Parent, L'essence poétique (2000) : édition tirée à 65 exemplaires numérotés. Celui-ci est un exemplaire sur vélin pur fil Johannot, mais n'est pas numéroté.

  • Claude Tarnaud, La Forme réfléchie (Carnet de Voyage et Commentaires) avec des dessins de Jacques Lacomblez (2000) : édition tirée à 335 exemplaires, l'un des 300 ordinaires.

  • Claude Tarnaud, DE, dessins de Jorge Camacho et de Jacques Lacomblez (2003) : édition tirée à 338 exemplaires, l'un des 300 sur vélin Bouffant.

  • Jean-Claude Silbermann, Pas même un tison, sa brûlure (1999) : édition tirée à 250 exemplaires numérotés, l'un des exemplaires sur bouffant mais non numéroté.

  • Robert Lebel & Jean Terrossian, Le père l'ascèse et la mère tu m' (2001) : édition tirée à 65 exemplaires, comporte un état de la planche lithographiée de Terrossian et signée par l'auteur.
Quelques livres divers enfin, glanés çà et là :
  • Remy de Gourmont, Le Joujou Patriotisme, éd. Pauvert, coll. "Libertés, 1967.

  • Rachilde, Alfred Jarry - le surmâle de lettres, éd. Arléa, septembre 2007.

  • Le Florilège, Editions "Poesia", Brest, dirigé par Auguste Bergot, s.d. (probablement 1922 ou 1923) : anthologie de la jeune poésie des provinces françaises (avec envoi de Louis-Pascal Réjou, l'un des compilés, à Albert Turpain, professeur des Sciences à la Faculté de Poitiers). Auguste Bergot, qui sera l'un des hagiographes du Magnifique, cite, dans sa présentation, quelques lignes d'une lettre que lui adressa Saint-Pol-Roux pour accuser réception de ses Cantilènes d'amour : "Combien de vos pages d'amour eussent fait les délices de Massenet, vu telles pièces qui vous posent en très parfait poète de l'Intimité. Et ceci est une certitude pour votre bel avenir". Saint-Pol-Roux participera, quelques années plus tard, à l'une des livraisons du Florilège.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je lis...tous ces trésors. Alors n'hésitez-pas à m'interrompre, que nous puissions parler.
Auriez-vous eu dans les mains, un jour, La Clef sarrazine?

Bien à vous,

Renaud Bouchard

SPiRitus a dit…

Bonjour,

Non, malheureusement, point de cette Clef sarrazine de Jacques Lacomblez dans ma bibliothèque. Pour l'instant.